Yves Tissot ou la passion du Théâtre

 

Vous avez sans doute déjà vu Yves Tissot sur nos planches, dans nos coulisses, donnant des cours de Théâtre au plus jeune, voire même hanter les lieux ... découvrez le autrement.

 

 

Qu'est-ce qui vous a poussé à faire du Théâtre ?


      J’ai commencé le théâtre à l’âge de dix ans, sur les conseils d’un ami. J’étais à l’époque un garçon plutôt réservé, et lors des ateliers théâtre que je suivais dans mon école, j’avais l’occasion de laisser s’exprimer chaque semaine tout ce que ma timidité me forçait à garder en moi. Ce qui m’attirait à l’époque, c’était de pouvoir s’échapper un peu du quotidien, et de profiter de ce petit rendez-vous hebdomadaire pour vivre d’autres vies grâce au théâtre.


Quel fut votre parcours pour devenir comédien ?


      A l’âge de 16 ans, j’ai commencé à jouer dans des troupes amateurs aux côtés de personnes dont ce n’était pas le métier, mais qui vouaient une passion sans limites au théâtre. C’est par cette voie que j’ai commencé à sérieusement travailler des rôles, et participer à des pièces de plus grandes envergures.

Après mon baccalauréat, j’ai suivi en parallèle des études théoriques sur le théâtre à la Sorbonne Nouvelle à Paris, et une formation pratique au Conservatoire de Versailles. J’ai pu apprendre le métier de comédien aux côtés de Jean-Daniel Laval, Catherine Rétoré, Alan Boone, et Malik Faraoun.

C’est également là-bas que j’ai rencontré des personnes de mon âge, avec lesquelles nous travaillons encore aujourd’hui sur différentes créations.


Qu'est-ce qui vous inspire dans le métier de comédien ?


      Le métier de comédien est un métier que j’aurais du mal à définir. Il se construit au jour le jour, de toutes les expériences que nous rencontrons sur notre parcours. C’est un apprentissage permanent, qui tient à la fois compte de tout ce qui compose le théâtre, et de tout ce qui se trouve aux antipodes de ce métier. Je pense qu’un comédien doit s’inspirer de la vie de tous les jours, et c’est pour cela que j’aime également avoir un pied en dehors du théâtre. C’est ce qui permet parfois de relativiser et de garder les pieds sur terre.


Quel genre de Théâtre affectionnez-vous le plus ?


      Le théâtre que j’affectionne le plus est la comédie. Le rire est une porte d’entrée formidable pour transmettre un message, et qui nécessite à la fois beaucoup de discipline et beaucoup d’inventivité. Je porte une affection toute particulière aux classiques de la littérature mondiale revisités à la sauce burlesque. C’est un genre qui mêle l’utile à l’agréable : il permet de mettre à l’honneur des grands textes, tout en  les désacralisant, en rendant l’aventure à la portée de tous.


Mise en scène, jeu, écriture, comment en êtes-vous venus à travailler avec le Théâtre de Fontenay-le-Fleury et la Compagnie de la reine ?


      J’ai rencontré la Compagnie de la Reine en assistant à leurs créations au Théâtre Montansier, alors que j’étais encore élève au Conservatoire. Je me rendais souvent à leurs représentations, assistant plusieurs fois au même spectacle, afin d’aiguiser mon œil.

     J’ai d’abord travaillé au théâtre de Fontenay-le-Fleury en tant que comédien sur le spectacle Le Royaume de l’Arbre, mis en scène par Anne Ruault, et sur le spectacle Charlie et la Chocolaterie, mis en scène par Logann Antuofermo, en 2012.

      La saison suivante, je suis passé de l’autre côté des planches pour mettre en scène le spectacle Gueule du lion et sourire du sage, un spectacle mêlant poèmes de Léopold Sédar Senghor et vidéos réalisées au Sénégal par les Scouts de Bailly Noisy.

     Je suis ensuite venu assister Cécile Adam dans l’écriture du spectacle Enfants de 14 qui célébrait le centenaire de la Grande Guerre avec les élèves de l’École du Spectacle.

      C’est suite à ce premier contact avec les élèves qu’on m’a proposé d’ouvrir un cours pour les adolescents à l’École du Spectacle au côté de Jean-Daniel Laval. J’ai pris cette année une part plus importante dans l’École du Spectacle en m’occupant des groupes de 7/8 et 8/9 ans, et toujours du groupe des 13/15 et 15/17 ans.


Qu'est-ce qui vous enthousiasme dans le fait de donner des cours de Théâtre à Fontenay Le Fleury ?


     Ce qui me plaît le plus c’est de travailler auprès des jeunes, qui sont souvent pleins de surprises. Je ne suis nullement pessimiste face à la nouvelle génération qui nous est souvent décrite comme paresseuse et désintéressée de tout. Lorsque l’on arrive à entrevoir ce qui se cache derrière leurs carapaces, on trouve une jeunesse inventive et pleine de chose à dire. Mon rôle est juste de trouver l’harmonie entre les différents membres du groupe et d’arriver à leur faire maîtriser leur énergie.


Que leur enseignez-vous ?


     Souvent lorsque les élèves arrivent en cours, ils pensent tout de suite être en mesure de dire des textes et de jouer la comédie. Seulement, avant même de dire le premier mot, un nombre incalculable de facteurs entrent en compte. Les outils du comédien sont nombreux : l’écoute, la concentration, la curiosité, l’observation…

Notre univers quotidien est souvent surchargé de bruits parasites, de nombreuses superficialités, et de bavardages incessants. La première chose à leur enseigner et donc l’écoute. L’écoute de leurs sentiments, de leurs partenaires et de l’espace dans lequel ils évoluent.

     Nous travaillons ensemble à libérer notre imagination, ralentir un peu le temps, s’accorder quelques instants de silence et à s’ouvrir aux mondes réels ou imaginaires.

 

Quel est votre plus belle réussite en tant que prof de Théâtre ?  Pouvez-vous nous raconter une anecdote qui vous a marquée ?

 

    Ce que je cherche au théâtre, ce ne sont pas les belles réussites, je me satisfais des petites victoires quotidiennes. Lorsque l’on voit un élève réservé qui trouve un instant de justesse, lorsqu’un élève agité arrive à se fondre dans le groupe, ou qu’un élève habitué à être meneur de jeu arrive à s’effacer pour laisser la place aux autres, on parvient à toucher du doigt ce que l’on appelle le théâtre.


En dehors du Théâtre avez-vous d'autres passions ?


Deux passions qui peuvent sembler antinomiques : la nature et internet.


      J’ai d’abord observé la nature sans trop la comprendre ni la connaître, au fil de mes promenades en forêt. C’est depuis juin 2014 que je travaille dans une ferme pédagogique en tant qu’animateur. C’est essentiellement là-bas que j’ai pu commencer à entrevoir les rouages de la nature, à mieux la comprendre et la découvrir. Je m’efforce désormais à ma petite échelle de sensibiliser les jeunes générations à la préservation de nos ressources naturelles et au respect de l’environnement.

    Internet, c’est une toute autre histoire. Familier avec ce média depuis l’âge du 56K, je me réjouis de voir tout le contenu disponible librement sur ce média, et l’émergence du web culturel qui prend une part de plus en plus importante dans le paysage éducatif mondial. La richesse et la diversité du contenu qu’il propose ne cessent de me fasciner. Nous ne sommes qu’à ses premiers balbutiements, et je suis très curieux de voir ce que nous réserve l’avenir.


Des projets de créations ?


     Nous sommes actuellement, avec d’anciens camarades du Conservatoire en train de fonder notre compagnie. Nous proposons aujourd’hui diverses animations au fil de la saison à la ferme de Gally à Saint-Cyr-l’École.

     Par ailleurs, je suis en train de préparer une émission web d’histoire du théâtre, afin de proposer aux internautes une approche ludique de cet art trop méconnu.

 

 

Merci à Yves Tissot pour son authenticité. 

 

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