Interview de Jean-Marc CATELLA, comédien

Spectacle SACCO&VANZETTI - Vendredi 8 avril 2016 - 20h30


En compagnie de Jacques Dau, votre presque jumeau, vous avez eu de très gros succès avec vos pièces précédentes sur des sujets drôles et traités avec une rare qualité d’humour. Aujourd’hui vous vous attaquez à des personnages au destin tragique, est-ce pour vous faire pardonner d’avoir fait rire la France entière ?

 

Tout d’abord, je suis d’accord avec la petite précision que vous apportez, Jacques est presque mon jumeau, mais il ne l’est pas!!! Il est hors de question qu’il le soit!!! HOHIHIHI... Il est mon frère de scène et de vie, depuis bientôt 35 ans, et nous avons eu le plaisir de partager des moments d’une rare intensité!!! C’est vrai que les gens ont ri à nos spectacles, et ça a été et ce sont toujours des instants de bonheur partagés... Ce serait bien prétentieux de notre part de se faire pardonner de les avoir amusés, nonobstant c’est avec un immense plaisir que nous les emmenons avec nous dans cette histoire tragique. J’ai pourtant la sensation que, même si nous sommes dans une émotion intense avec ces deux personnages, ce spectacle est aussi la continuité de notre travail, et que ce soit dans le rire ou bien le tragique, les larmes restent les mêmes, la signature de quelque chose d’intense...

 

 

Quand on est brillant dans le registre de l’absurde au théâtre, est-il concevable d’aborder le sérieux ?

 

Quel que soit le registre abordé sur scène, notre objectif est d’être le mieux possible, pour donner au public ce qu’il attend: de l’émotion. Et si vous nous trouvez brillants, je vous en remercie sincèrement!!!

 

 

Quand on incarne un personnage historique comme Sacco ou Vanzetti, aussi impliqués politiquement, est-il besoin d’adhérer à sa cause pour l’interpréter avec la justesse nécessaire, sans trahir ses sentiments ?

 

 

C’est une question très complexe. Je pense qu’adhérer à la cause des personnage interprétés peut aider, mais le moteur essentiel pour servir un rôle est lié à la qualité de l’écriture et la «vista» du metteur en scène. Il s’avère que pour «Sacco et Vanzetti» les deux critères étaient réunis, et nous ne sommes, au bout du compte, que des passeurs de mots!

 

Avez-vous eu au cours des représentations des commentaires révoltés ou indifférents de la part du public ?

 

Souvent un vent de révolte a soufflé au sortir du spectacle, révolte contre le système, contre l’injustice, contre l’immobilisme, mais jamais un spectateur n'a été révolté par les propos tenus. Et à ma connaissance, ce spectacle n’a jamais laissé qui que ce soit indifférent. Nous le disons à la fin du spectacle « la liberté n’est pas la récompense de la révolte, la liberté, c’est la révolte»

 

Et si manque de réactions, pensez-vous que le théâtre est encore un support efficace pour faire passer des messages importants ?

 

 

Nous n’avons par pour objectif avec ce spectacle de passer des messages, je ne crois pas du moins, mais ça, c’est à l’auteur de le dire, mais nous pointons effectivement des choses qui ont existé et qui ont une résonance dérangeante avec ce qu’il se passe aujourd’hui. Je pense qu’un spectacle doit être et est politique. Interpréter un personnage est toujours un engagement, engagement partagé ou non...

 

Pensez-vous qu’à travers ce spectacle vous faites oeuvre de pédagogie?

 

 

Certainement nous participons à faire découvrir aux gens une partie de l’histoire que nombre d'entre eux ignorent, en ce sens, il est pédagogique, mais il n’est jamais donneur de leçon.

 

Vous accepter d’interpréter des anarchistes ! Vous engageriez vous de la même façon sur une personnalité fasciste victime d’injustice ?

 

 

Je crois qu’il faut bien avoir en tête que nous sommes des interprètes, et que nous sommes donc censés incarner n’importe quel personnage, aussi sombre soit il. Ensuite il y a le propos, et si un spectacle véhicule des idées qui vont à l’encontre de ce que nous essayons de transmettre, alors évidemment,  le refus s’avère nécessaire. Mais jouer un fasciste sans faire l’apologie du fascisme, alors oui! Au contraire, quel plaisir pour un comédien que de composer des personnages... Je pense à Bruno Gantz dans «la chute» il était magistral dans le rôle d’Hitler, c’est pas pour autant qu’il partageait ses idées... Enfin pas que je sache.

 

Que croyez-vous qu’il reste dans l’esprit d’un spectateur, au cours des semaines qui suivent la représentation ?

 

J’ignore ce qui lui reste vraiment, mais je sais, en revanche, que ce spectacle donne envie de se redresser pour se dresser ensuite contre l’injustice. C’est un spectacle qui parle d’humanité, tout simplement.

 

 

Est-ce qu’en fin de soirée, après la pièce, vous êtes affecté par votre prestation.

 

 

Pour ma part après les saluts, la page est tournée... Mais je suis affecté par la réaction des gens que nous croisons dans le hall des théâtres, et leur émotion me trouble profondément.

 

Un mot au public qui va découvrir votre extraordinaire travail ?

 

Je pense que c’est une pièce salutaire,et je ne sais que dire au public qui va venir voir cette pièce, mais par contre je sais qu’à la sortie du théâtre, aux spectateurs que je croise, j’aime leur poser cette question « alors? Ça l’a fait?» voilà, je me dis donc, au moment où je vous écris, pourvu que ça le fasse!

 

Merci à Jean-Marc Catella !

 

La presse et le public en parlent ! Sacco & Vanzetti avec Jacques Dau & Jean-Marc Catella

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