Interview de Richard Delestre, metteur en scène et comédien

 

Pour votre première mise en scène quelles sont vos craintes et vos certitudes ?

Il est vrai que c’est ma première mise en scène d’un texte d’auteur dit du répertoire et jouée dans la programmation officielle d’un théâtre public. Mais à l’instar de beaucoup d’écrivains qui, avant de publier leur premier roman, ont déjà fait leurs armes en écrivant des nouvelles et en les publiant dans des revues confidentielles, je me suis déjà exercé sur des formats plus ou moins courts.

Effectivement les craintes sont nombreuses: ne pas avoir tout à fait saisi les enjeux mis en avant par l’auteur, ne pas savoir trouver le bon chemin et les bons mots pour « diriger » ou disons plutôt accompagner ou guider mon partenaire sur scène dans ce que j’imagine être la relation et les enjeux entre les personnages, partenaire qui se trouve être par ailleurs un ami avec lequel je joue depuis bientôt quinze ans,… Mais celle que je craignais le plus était de réussir à fédérer toute une équipe autour de ce projet.

Pour ce qui est des certitudes, je n’en ai aucune. Et les seules convictions que je pourrais avoir seraient d’une part d’être au plus près du texte avec le souci d’essayer constamment de ne jamais ennuyer le spectateur, et d’autre part celle de m’engager entièrement, de la manière la plus authentique possible et de ne pas compter mes heures de travail.

 

Passer de l’autre côté du miroir n’est pas un choix anodin, qu’est-ce qui motive cette décision ?

C’est quelque chose qui m’attirait depuis assez longtemps mais je ne me sentais pas encore les épaules de mener un tel projet, à savoir la mise en scène. Mais plus particulièrement, je ne voulais pas monter un pièce pour monter une pièce. J’ai besoin d’y mettre du sens, de savoir pourquoi je le fais. Bien sûr le théâtre a un côté divertissant qui est surtout mis en avant aujourd’hui, même si ce n’est pas nouveau, mais il a aussi une fonction sociale importante, celle de donner à réfléchir et de donner à voir le monde dans lequel nous vivons d’une toute autre manière que nous le voyons au quotidien. Mettre sa toute petite pierre à l’édifice en donnant à entendre ces textes est en partie ce qui m’a motivé à passer de l’autre côté du miroir. Une autre partie, moins glamour, mais tout aussi réelle et qui contribue à donner du sens, la baisse de l’activité. Elle est cyclique dans le monde artistique. C’était donc une bonne occasion pour me jeter à l’eau.

 

Le texte choisi, vous apparaît-il adéquat pour une première expérience de directeur d’acteur ?

Pour une première expérience de mise en scène et donc de directeur d’acteur, je voulais une pièce assez minimale, sans trop de comédiens ni de déploiement de mise en scène. Mais également pour des raisons budgétaires. J’avais découvert le texte 25 ans auparavant et l’envie un jour de le monter planait en moi depuis longtemps. Le projet a été immédiatement accepté par Jean-Daniel Laval et j’en ai été tout à fait ravi. Mais, voilà, lorsque je me suis remis sur le texte activement j’ai rapidement pris conscience de la difficulté à le jouer. Mais le projet était lancé, annoncé ; je n’avais donc plus le choix. J’ai donc beaucoup lu d’écrits de, et sur Nathalie Sarraute. C’est un peu comme une grande randonnée en montagne, au bout d’un moment on ne regarde plus le sommet, il ne nous importe plus, il s’agit seulement d’avancer pas à pas et l’ascension se fait sans qu’on s’en rende vraiment compte.

 

Quelle image vous faites-vous du rôle du metteur en scène ?

Je crois qu’il doit surtout être le garant du sens du texte et veiller à ce que tous les protagonistes jouent la même pièce. Cela me semble primordial car au fond avec ce genre d’auteur, c’est le texte qui est important. Mais il doit également laisser suffisamment de liberté créative à tous les intervenants sur le projet : comédiens évidemment mais aussi créateur lumière, créateur son, … C’est en quelque sorte une aventure collective qu’il doit réussir à faire vivre.

 

En plus de la mise en scène, vous interprétez un rôle dans la pièce quelle en est la justification ?

En proposant le projet, Jean-Daniel Laval était également curieux de connaître la distribution. Mon choix d’Olivier Lecoq pour l’un des protagonistes était clair dès le départ, mais pour l’autre j’étais indécis et je lui ai exposé mon interrogation sur le fait de l’interpréter ou non. Il m’a répondu « Joue-le! ». Je n’étais pas vraiment entièrement convaincu mais je m’en suis remis à son expérience et à son avis spontané. Donc en dehors de l’envie de jouer le rôle du deuxième protagoniste, qui constitue une maigre justification, sans doute y a-t-il également une raison économique qui, pour que l’on puisse voir exister de tels projets, nous pousse à diminuer fortement nos zones de confort de travail. Mais c’est vieux comme le monde!

 

Merci à Richard Delestre !

 

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